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blockchain supply chain
Door Isabelle Badoc
on 24 Oct 2017 10:22 AM

Depuis plusieurs mois, la blockchain est sur toutes les lèvres. Ce système de transmission d’informations suscite aujourd’hui un engouement sans pareil, tant il pourrait transformer les usages en entreprise. Pourtant, la complexité de l’outil n’aide pas toujours à l’appréhender efficacement. Quels en sont les intérêts ? Les usages ? Et toutes les entreprises peuvent-elles y avoir recours ? Éléments de réponse.
 

Blockchain : un fonctionnement sécurisé et décentralisé

Qu’est-ce que la blockchain ?

La blockchain est une technologie de stockage et transmission d'informations transparente et sécurisée, qui répertorie l’intégralité des échanges entre les utilisateurs du dispositif depuis sa création. Elle est partagée par ces mêmes utilisateurs qui se chargent de vérifier la validité des données échangées, et est prisée pour effectuer des transferts d’actifs (monnaie, actions…) ainsi que pour l’exécution automatique de contrats (smart contracts).

Il existe deux types de blockchain : les blockchains publiques, ouvertes à tous, et les blockchains privées, auxquelles seuls les utilisateurs définis ont accès.


Comment fonctionne la blockchain ?

Le dispositif repose sur trois principes :

Pour toute transaction, l’utilisateur doit saisir une clé qui permet d’enregistrer les données de l’échange. Ces données sont cryptées et regroupées en « blocs », puis soumises à validation des différents nœuds du réseau. Cette étape permet de certifier, entre autres, l’identité des parties et la viabilité des transactions.

Enfin, le registre est dupliqué sur les différents serveurs qui composent le réseau. De cette façon, il devient impossible de modifier la blockchain ou le contenu de l’un des blocs sans avoir obtenu l’approbation de tous les ordinateurs reliés.


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Quels avantages métiers pour la blockchain ?

La blockchain présente plusieurs intérêts pour le secteur de la Supply Chain. Elle permet notamment de :

1. Automatiser le process d’achat

Avec la blockchain, des contrats automatiques (smart contracts) peuvent être mis en place. Lorsque les conditions choisies par les utilisateurs sont remplies, ces contrats « intelligents » exécutent automatiquement leurs termes – paiement d’une prestation, lancement d’une livraison, etc.


2. Fluidifier les échanges

Les délais de validation des échanges entre fournisseurs et clients (contrats, signatures, commandes, paiements…) sont drastiquement réduits. Résultat : une gestion des flux et des relations avec les partenaires en temps quasi-réel.


3. Sécuriser les approvisionnements

Attribuer à chaque produit enregistré dans la blockchain un tag spécifique permet de sécuriser son approvisionnement en un clin d’œil. Provenance, lieu de stockage, authenticité, certificat de propriété, historique : toutes les informations sont répertoriées au même endroit !


4. Assurer une traçabilité totale

La traçabilité des flux et des biens est assurée par la blockchain, qui répertorie l’ensemble des actions opérées par les utilisateurs. Une preuve indestructible et infalsifiable qui garantit l’intégrité des renseignements fournis.


5. Être plus réactif

La blockchain permet de lutter contre la contrefaçon, en identifiant les problèmes éventuels dès le début de l’échange (irrégularités lors de la validation, identité d’une partie douteuse…). En cas de nécessité de rapatriement de produits, une alerte est instantanément envoyée.


6. Uniformiser les documents internes

La validité des informations partagées entre partenaires évite la multiplication des versions des documents. Chaque partie concernée par l’échange dispose donc des mêmes données.

 

Quel futur pour la blockchain dans le secteur de la logistique ?

La blockchain présente de nombreuses opportunités pour le secteur de la supply chain. Par exemple, les actions physiques observées dans les entrepôts pourraient être répertoriées dans la blockchain sous forme d’informations dématérialisées et orchestrer de multiples opérations – paiements, commandes, etc.

C’est pour cette raison que le géant de l’alimentation Walmart a conduit des tests en 2016. Objectif : suivre l’itinéraire de mangues mexicaines et de porc chinois via la blockchain, pour en évaluer la traçabilité. Et les résultats sont à la hauteur des espérances : le temps nécessaire pour retracer l’origine des produits est passé de plusieurs jours à quelques minutes !

Or, cette technologie doit encore subir une vague d’améliorations pour coller aux usages de la Supply Chain. Pour l’heure, le traitement des données de grandes infrastructures nécessitant un retour à la milliseconde ne peut être effectué. Seules les transactions à un ou deux chiffres sont traitées chaque seconde par les maillons de la blockchain, mais ces résultats sont en passe d’être améliorés sous l’impulsion des professionnels du secteur. Pour preuve, en août dernier, 9 multinationales alimentaires, dont Walmart, se sont réunies pour travailler avec IBM sur le développement d’une blockchain dédiée à leur activité.


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Si la blockchain ne va pas résoudre à elle seule l’ensemble des défis de la Supply Chain et de la logistique, elle pourra contribuer à sécuriser les échanges, lutter contre les fraudes et limiter les erreurs. Pour l’heure, la formule n’est pas pleinement aboutie, mais des développements techniques sont à venir pour faciliter son application logistique. Affaire à suivre !

 

Source image​ à la Une : Unsplash – Markus Spiske

Isabelle Badoc

Expert in Supply Chain, Warehouse Management, Transport Management, e-commerce Logistics …