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labor shortage transportation generix
By Isabelle Badoc
on 08 Jan 2018 11:52 AM
  • TMS/WMS

Le secteur du transport de marchandise connaît aujourd’hui une crise sans précédent. La demande de livraison ayant explosé, le marché n’arrive pas à suivre la tendance. En cause, un trop fort taux de variabilité de la demande, et une saisonnalité toujours plus complexe à gérer. Résultat : une pénurie du transport qui inquiète l'intégralité du secteur de la logistique. Le point sur la situation.

Le secteur de la logistique en recherche de main d’œuvre

Au regard de l'actuelle pénurie du transport et de la logistique, plusieurs fédérations patronales, dont la FNTR et TLF, ont mené une enquête d’envergure auprès de l’ensemble des entreprises du secteur, du 22 septembre au 10 novembre 2017. Résultat : les 1 666 entreprises ayant répondu à l’appel des fédérations attestent que 22 363 postes seront à pourvoir d’ici la fin 2018, dont plus de 14 000 pour les conducteurs.

Des chiffres qui dépassent les premières estimations de 20 000 postes à pourvoir, et confirment la difficulté de trouver de nouveaux chauffeurs routiers et préparateurs de commandes. En cause, selon une récente étude Manpower Group, des perspectives d’emploi défavorables dans le secteur. Théorie vivement contestée par le président de FM Logistic, dont la société, forte de ses succès commerciaux et d’un important développement économique, entend créer plus de 1 500 emplois au cours de la prochaine année.

Pourquoi une telle pénurie du transport ?

En France, le secteur du transport et de la logistique doit faire face à une demande toujours croissante, mais les entreprises peinent à trouver la main d’œuvre pour pourvoir les postes créés. Et si les conducteurs français se sont détournés du domaine, impossible pour les chefs d’entreprise de compter sur les travailleurs européens, suffisamment occupés par la hausse des volumes sur leurs propres marchés.

Le manque de candidatures dans le domaine s’explique par :

Des facteurs conjoncturels qui impactent fortement le secteur, mais peuvent en partie se mitiger avec les avancées des dernières technologies de gestion de conduite et d’optimisation du transport de marchandises – notamment les solutions de type TMS.

Autre facteur explicatif de cette pénurie du transport, le durcissement de la législation française concernant le cabotage routier de marchandises. Comme on peut le lire sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, « les entreprises non établies en France peuvent, après un trajet international à destination de la France, effectuer au maximum trois opérations de cabotage, dans un délai maximum de sept jours ». Un cadre contraignant pour les donneurs d’ordres et les conducteurs, qui joue en défaveur des recrutements dans le domaine.

Quelles solutions pour faire face à cette pénurie ?

Le recours aux nouvelles technologies

Alors qu’il devient toujours plus difficile de recruter, certaines entreprises se voient contraintes de refuser des marchés. Ces décisions ont un impact sur les prix mentionnés dans les appels d’offre, et créent des tensions tout au long de la chaîne logistique. Ainsi, les livraisons décalées deviennent monnaie courante, et certains chargements ne peuvent avoir lieu.

Pour faire face aux retombées de la pénurie du transport, déterminer comment optimiser les chargements pour répondre à une demande de plus en plus forte, sans bénéficier d’une plus grande force de travail, est crucial. Le principal levier d’action des entreprises du secteur est la dématérialisation des opérations et la gestion de la relation avec les transporteurs. Dans ce contexte, l’intérêt d’une solution de type TMS est notable. Celle-ci permet en effet d’accéder à un socle toujours plus large de transporteurs, tout en coordonnant les opérations à distance et en rationalisant le chargement.

Une situation paradoxale se profile. Animés par le sentiment de liberté que leur procure la route, les chauffeurs routiers ont exprimé leur peur face au développement des nouvelles technologies, qui visent notamment à encadrer leur métier. Mais ce sont ces mêmes technologies qui permettront aux chefs d’entreprise de lutter contre la pénurie qui touche actuellement le secteur.

La formation et la sensibilisation

Pour que leurs peurs s’envolent, la digitalisation des métiers doit être accompagnée. C’est la raison pour laquelle l’AFTRAL a développé un partenariat avec l’un des leaders des solutions logicielles dans le secteur de la logistique. Objectif : rendre ses stagiaires opérationnels le plus rapidement possible en les confrontant aux nouveaux outils pendant leur période de formation. « Ce partenariat nous permet de répondre, à travers l’usage d’un logiciel professionnel, à l’ensemble des attentes actuelles et à venir des entreprises de la Supply Chain », atteste Michel Pernot, directeur opérationnel Nord AFTRAL.

Les changements doivent également passer par la reconstruction de l’image du secteur. Près de 30 % des conducteurs en poste aujourd’hui ont plus de 50 ans. Un constat qui ne joue pas en la faveur de l’attractivité du domaine auprès des jeunes. Pour essayer d’inverser la tendance, le Club Déméter, association de logistique responsable, réalise des partenariats afin de promouvoir le métier de conducteur routier, et a également créé un groupe de travail dédié au statut de conducteur-livreur. Des premiers pas encourageants, qui doivent être poursuivis pour redresser la barre.

Malgré la pénurie du transport en cours, le secteur de la logistique n’a pas dit son dernier mot. Celui-ci contribue à l’essor économique du pays et à la création massive d’emplois. Afin d’exploiter pleinement son potentiel de croissance, il doit néanmoins opérer une profonde transformation afin d’attirer de jeunes candidats. Pour ce faire, intégrer et promouvoir les technologies qui façonneront le métier de demain est vital.

Source image à la Une : Pixabay – Tama66

Isabelle Badoc

Expert in Supply Chain, Warehouse Management, Transport Management, e-commerce Logistics …